Nercy du Honduras, « ¿ah sí? ¿hay gente que no sabe? »

On lui a demandé si elle voulait parler de son arrestation, du centre de rétention, on lui a dit beaucoup de gens ne savent pas ou ne veulent pas savoir comment en France on traite celles et ceux qui arrivent, les étrangères et étrangers, elle nous a dit « ha bon il y a des gens qui ne savent pas ? Moi je viens d’un petit pays, le Honduras, et tout le monde sait ce qu’il se passe, il faut que les gens sachent »

« Je ne comprends pas pourquoi je suis là. C’est un processus injuste, une succession d’irrégularités.

Ici les juges annulent un procès verbal parce que je ne l’ai pas signé, mais personne ne m’a dit de le signer. Ici les traducteurs ne traduisent que ce qu’ils veulent et quand ils veulent.

Je suis arrivée à l’aéroport de Paris avec tous mes papiers en règle, j’avais tous mes papiers, ils m’ont dit que je mentais, que ce n’était pas vrai que je venais pour faire du tourisme, que je venais pour travailler. Moi je n’ai rien dit, juste, « je ne parle pas français ».

C’est la seule chose que j’ai dite. Ils ont pris toutes mes affaires, mes valises et ne m’ont laissé que mes documents et mon téléphone.

Ils m’ont emmené dans un bureau, sur le bureau il y avait des papiers à signer, une personne arrive et ne se présente pas, elle me dit en français « signe », je lui demande pourquoi, elle me répète, « signe! ». La peur, la situation, je signe.

Quelques minutes plus tard je retrouve cette personne dans un autre bureau, elle est à côté d’un officier de police, on dirait un chef, je ne sais pas si c’est un chef, et elle se présente comme interprète.

Ils me lisent une déclaration en français, censé être ma déclaration, celle que j’ai signé quelques minutes plus tôt, alors que je ne parle pas français. Je redis que je ne parle pas français, le chef se lève et s’énerve et me dit que si je me rétracte c’est la prison.

« Vas y, écris ce que tu veux, je signe ! »

Il m’ont enfermée en ZAPI, là j’ai eu un premier vol que j’ai refusé en disant, non je veux voir un juge.

J’ai pris un avocat qui m’a couté cher, mais le juge ne m’a pas libéré. On m’a programmé un deuxième vol pour le Mexique… je viens du Honduras, j’ai refusé de prendre le vol, l’interprète m’a parlé au téléphone et m’a dit que si je refusais c’est un délit, j’ai refusé, il m’ont embarquée menottée au commissariat.

Là, les flics m’ont tout enlevé, les élastiques qui étaient dans mes cheveux, ils ont cassé mes sandales, enlevé mon soutien-gorge, ohlala quelle honte, la police qui passe en portant mon soutien-gorge dans les mains. La nuit enfermée dans le sous-sol du commissariat, je n’ai pas pleuré, parce qu’il fallait être forte. J’ai fait 24 heures au commissariat dans la cellule et ils m’ont amenée ici (au Centre de Rétention Administrative du Mesnil-Amelot au plus proche de l’aéroport Charles De Gaulle).

Je suis passé une première fois devant le juge, celui qui est juste à côté (le JLD), c’est lui qui a annulé parce que le procès verbal n’était pas signé. Puis on m’a amené dans un autre tribunal, à Paris (le TA), j’y ai perdu aussi. La traductrice, c’était une femme cette fois-ci, m’a dit de ne pas dire que la police ment si non la juge va s’énerver, la juge aussi c’était une femme. On été 6 comme moi, elle n’a libéré personne.

J’ai pris une avocate, Emperatriz Aguirre, elle vient du Pérou ou du Chili, elle a pris la moitié de l’argent et elle s’est barrée. Elle a arnaqué beaucoup de personnes ici.

La nourriture est mauvaise, mauvaise-mauvaise, je ne mange que les légumes et des fruits.

Les flics ici sont cordiaux, ils sont calmes. Ici ça va, c’est pas la même violence que les flics de l’aéroport.

À l’aéroport ils se foutaient de notre gueule. Quand il y en avait une de nous qui avait un vol forcé, on se prenait dans les bras pour lui donner du courage, ils riaient et nous imitaient (gnagnagna)… ils sont très racistes les flics de l’aéroport.

Ici j’avais une amie du Salvador, elle a été libérée, c’est bien pour elle, il y a aussi des cubaines, des colombiennes, trois qui ont été arrêtées à l’aéroport, toutes la même histoire que la mienne … ils ont pensé que c’était un réseau, mais on vient pas du même pays … c’est pas parce qu’on parle toutes espagnol … ils devaient être fier d’être tomber sur un réseau « international » …

J’ai réussi à parler à mes enfants, je n’ai pas dit que j’étais ici, c’est pas possible, c’est dur, c’est très dur.

En espagnol:

Le preguntamos si ella quería hablar de su arresto, del centro de retención. Le dijimos, muchas personas no saben o no quieren saber cómo se trata en Francia a las y los que llegan, extranjeras y extranjeros. Ella nos dijo « ¿ah sí? ¿hay gente que no sabe? Yo vengo de un país pequeñito, Honduras, ahí todo el mundo sabe lo que pasa, acá la gente tiene que saber »

« Yo no entiendo porqué estoy aquí. Es un proceso injusto, una irregularidad trás otra.

Acá los jueces me anulan un proceso verbal porque no lo firmé, pero a mí nadie me dijo que tenía que firmar nada. Acá los traductores traducen lo que quieren y cuando quieren.

Llegué al aropuerto de Paris con todo mis papeles en regla, tenía todos mis papeles, ellos me dijeron que yo estaba mintiendo, que no era cierto que yo venía de turista, que yo venía a trabajar. Yo no dije nada, solamente « yo no hablo francés »

Es lo único que dije. Tomaron mis cosas, mis valijas y me entregaron sólo mis documentos y mi teléfono.

Me llevaron a una oficina, sobre el escritorio había unos papeles, una persona llega y sin presentarse me dice en francés « signe » (firma), yo le pregunto por qué y me repite « signe! ». El miedo, la situación, yo firmo.

Minutos más tarde esta persona está en otra oficina donde me llevan, está al lado de un oficial de la policía, yo diría un jefe, pero no sé si era un jefe, y ahí la persona se presenta como intérprete.

Me leen una declaración en francés, supuestamente la declaración que yo firmé unos minutos antes, siendo que yo no hablo francés. Le vuelvo a decir que yo no hablo francés, el jefe se levanta bruscamente y se enoja, y me dice que si me retracto me voy a la cárcel.

« Dale, quieres que firme, te firmo… »

Me encerraron en la ZAPI (zona de espera para personas en instancia jurídica), ahí me dan un primer vuelo que yo niego diciéndoles que quería ver un juez.

Contraté un abogado que me costó caro, pero el juez no me liberó. Me programaron un segundo vuelo a Méjico… Pero yo vengo de Honduras, me negué a tomar el vuelo, un intérprete me habló por teléfono y me dijo que si me negaba cometía un delito, yo me negué, y me llevaron esposada a la comisaría.

Ahí los policías me sacaron todo, el elástico del cabello, me rompieron las sandalias, me hicieron sacar el brasier, ¡ay qué vergüenza, la policía que pasea con mi brasier en sus manos! La noche, encerrada en el subsuelo de la comisaría, yo no lloré, porque tenía que ser fuerte. Estuve 24 horas en la celda de la comisaría y luego me trajeron aquí (al CRA, centro de retención administrativa).

Pasé por primera vez delante de un juez, el de aquí al lado (JLD, juez de libertades y de la detención), él es quién anuló el proceso verbal que yo no firmé. Luego me llevaron a otro tribunal en Paris (TA, tribunal administrativo), ahí perdí también. La traductora, una mujer esta vez, me dijo que no se me ocurriera decir que la policía mentía porque eso iba a enojar a la jueza. Eramos 6 en la misma situación, ella no liberó a ninguna persona.

Contraté una abogada, Emperatriz Aguirre, que viene de Perú o de Chile, me pidió la mitad del dinero y se marchó. Ella ha estafado a varias personas aquí.

La comida es mala, mala-mala, yo como sólo las frutas y verduras.

Acá la policía es cordial, calmados, acá está bien, no es la misma violencia que la policía del aeropuerto.

En el aeropuerto se reían de nosotras. Cuando una chica estaba forzada a tomar un vuelo, nos abrazábamos para darnos coraje, ellos (los policías) se reían y nos imitaban (ña ña ña..)… son bien racistas los policías del aeropuerto.

Acá yo tenía una amiga del Salvador, la liberaron, estoy feliz por ella, también hay, colombianas, tres que fueron arrestadas en el aeropuerto, todas la misma historia que yo… Pensaron que éramos una red, pero no venimos del mismo país… no es porque hablemos todas español es que vengamos de donde mismo… o acaso deberían estar orgullosos de caer sobre una red « internacional »

Logré hablar con mis hijos, no les dije dónde estaba, es imposible. Es duro, es muy duro ».

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